Death threats against well-known Ghanaian investigative journalist Anas Aremeyaw Anas

Paris, June 7, 2018 – Reporters Without Borders (RSF) condemns a wave of threats against the well-known Ghanaian investigative reporter who uses the pseudonym of Anas Aremeyaw Anas, and calls on the authorities to conduct an enquiry and punish those responsible.

What with threatening calls, intimidatory messages and suspicious vehicles near his home, Anas Aremeyaw Anas’s existence has become a living hell ever since word got out about his latest documentary, which exposes corruption in Ghanaian football and is due to be screened publicly for the first time today. It was President Nana Akufo-Addo who revealed the subject matter of Anas’s latest exposé. After being allowed to view extracts on right-of-reply grounds, Akufo-Addo ordered the arrest of the Ghana football association’s president, who was subsequently released on bail. Entitled “Number 12,” the documentary will get its first public screening today at the Accra International Conference Centre.

When reached by RSF, Anas said he had not been intimidated and he confirmed that the documentary’s release would go ahead despite the “regrettable” threats being made in various quarters, including by leading politicians. Speaking live on Adom FM on 4 June, Kennedy Ohene Agyapong, a member of parliament who is named in the documentary, called Anas “a blackmailer, an extortionist” and said he should be “hanged.” He previously announced on Adom TV on 29 May that he was “going to stop him in what he is doing.”

“It is incomprehensible that deaths threats against a journalist renowned for his professionalism are being received with widespread indifference,” said Arnaud Froger, the head of RSF’s Africa desk. “The government should not tolerate such comments by a ruling party MP. Such threats must be taken seriously and systematically condemned, and an investigation must be carried out in order to punish those responsible.”

“The police must act proactively and not reactively, they shouldn’t wait until something untoward happens to him,” Ghana Journalists Association president Affail Monney told RSF. A close associate of Anas has already been the target of threats that are not just verbal. On 31 May, gunmen tried to enter the home of Saddick Adams, a sports journalist who worked with Anas on the documentary.

Anas’s real identity is unknown. His face is always masked when he appears in public. His 2015 undercover documentary about corruption in the judiciary had a big impact and led to the suspension of 34 judges who were shown taking bribes.

Ghana is ranked 23rd out of 180 countries in RSF’s 2018 World Press Freedom Index, African’s highest ranking.

Paris – Reporters sans frontières (RSF) condamne avec la plus grande fermeté les menaces dont fait l’objet le journaliste Anas Aremeyaw Anas, auteur d’un documentaire sur la corruption dans le football ghanéen, et demande aux autorités d’ouvrir une enquête et de sanctionner les auteurs.

Appels menaçants, messages d’intimidation et véhicules suspects autour de son domicile… Le quotidien du journaliste Anas Aremeyaw Anas est devenu un enfer depuis que son projet d’enquête sur la corruption dans le football ghanéen a été rendu public par le président du Ghana Nana Akufo-Addo. Le chef de l’Etat, qui s’était vu offrir un droit de réponse et avait ainsi pu visionner des extraits du documentaire, a ordonné l’arrestation du président de l’Association de Football du Ghana, qui a été depuis remis en liberté sous caution. L’enquête intitulée “Numéro 12” doit être diffusée en avant-première au centre de conférence international d’Accra ce mercredi 6 juin.

Joint par RSF, le journaliste assure ne pas être intimidé et confirme qu’il diffusera son enquête malgré les menaces “regrettables” proférées, y compris par des hommes politiques de premier plan. C’est ainsi que le député Kennedy Ohene Agyapong, mis en cause dans l’affaire, a accusé, lors d’une émission diffusée en direct le 4 juin sur Adom FM, le journaliste de faire du “chantage” pour “obtenir de l’argent” avant d’affirmer qu’il méritait “d’être pendu”. Le parlementaire avait déjà menacé de “détruire la carrière” du documentariste sur Adom TV le 29 mai dernier.

“L’indifférence générale dans laquelle des menaces de morts sont proférées contre un journaliste reconnu pour son professionnalisme est incompréhensible, dénonce Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF. Le gouvernement ne peut tolérer que l’un des députés de la majorité au pouvoir tienne de tels propos. Il est indispensable que ces menaces soient prises au sérieux, qu’elles soient systématiquement condamnées et qu’une enquête soit ouverte pour sanctionner les auteurs.”

“La police ne devrait pas attendre qu’il arrive malheur à Anas pour intervenir” estime pour sa part le directeur de l’Association des Journalistes du Ghana, Affail Monney, joint par RSF. D’autant que l’entourage d’Anas a déjà fait également l’objet de menaces inquiétantes: le 31 mai dernier, des hommes armés ont tenté de s’introduire au domicile de Saddick Adams, un journaliste sportif ayant collaboré avec Anas dans sa dernière enquête.

L’identité réelle d’Anas Aremeyaw Anas reste inconnue. Lors de ses interventions publiques, le journaliste apparaît systématiquement le visage masqué. Son enquête sur la corruption dans la magistrature avait eu un impact retentissanten 2015 et avait conduit à la suspension de 34 juges, qui avaient accepté une proposition de pots-de-vin pour influencer leur décision.

Classé 23ème, le Ghana occupe la première place des pays africains dans le Classement de la liberté de la presse établi par RSF en 2018.

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